L’adultomorphisme, c’est quoi ça ?

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Ma chronique de juin pour Les Pros de la Petite Enfance.

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Cette chronique est disponible en version affiche sur ma boutique

Changer de vision - l'adultomorphisme - chronique Bougribouillons

Pour accompagner cette chronique :

UN ARTICLE
« Avant 5 ans, un enfant ne peut pas manipuler ou faire « exprès » »
https://papapositive.fr/avant-5-ans-un-enfant-ne-peut-pas-manipuler-ou-faire-expres/

UN LIVRE
« Guide pour les pros de la petite enfance » (parents compris 😉 )
https://lesprosdelapetiteenfance.fr/vie-professionnelle/biblio-pro/guide-pratique-pour-les-pros-de-la-petite-enfance

UN TEXTE
« L’adultomorphisme désigne notre tendance à nous autres, les adultes, à interpréter les comportements des enfants comme s’il s’agissait d’adultes miniatures. On les qualifie de provocateurs, pervers, manipulateurs, capricieux, vicieux, jaloux, comédiens, sadiques, calculateurs… Et la liste est longue! « Clément me regarde dans les yeux tout en grimpant sur le fauteuil alors qu’il sait que c’est interdit: il me provoque! », « Si Latifa vient illico presto taper l’enfant qui s’est installé sur mes genoux, c’est parce qu’elle est jalouse! », « Marius se met à pleurer quand il me voit alors qu’il jouait tranquillement… Quel comédien! ». On oublie que le développement intellectuel et affectif d’un enfant est bien distinct de celui d’un adulte. Et pour cause, tandis que le cerveau d’un tout-petit est au début de sa maturation (et le chemin est long, très long), celui d’un adulte est arrivé à la pleine maturité. Par ces adjectifs qui n’ont pas leur place dans la petite enfance, on vient surinterpréter les signaux que ces petits êtres énigmatiques nous adressent. Rassurez-vous, quiconque peut tomber dans l’adultomorphisme s’il n’y fait pas attention: les professionnels qui oeuvrent directement auprès des enfants, les parents, les médecins, les psychologues, les chercheurs… D’où l’importance d’avoir des connaissances aiguisées sur leur fonctionnement intellectuel et de se rappeler à l’autre de temps en temps. » Heloise Junier

23 commentaires sur “L’adultomorphisme, c’est quoi ça ?

  1. Bonjour,
    J’ai trouvé cet article très intéressant et en effet le titre est bien trouvé. Maintenant, il va falloir perdre cette mauvaise habitude, que beaucoup ont malheureusement, celle d’interpréter les comportements des enfants comme s’il s’agissait d’adultes miniatures…

    • Oui, c’est exactement ça, perdre une habitude 🙂

      • Bonjour ,
        Merci pour toutes ces précisions, ça nous aide à comprendre la petite enfance.

  2. Ça m interesse

  3. Bonjour une psychologue a dit de ma fille de 9 ans qu’elle avait un langage adultomorphe.. quelqu’un pourrez m’aider à comprendre ?

    • Bonjour, je ne sais pas ce que ça veut dire. La psychologue saura certainement vous répondre.

    • simplement qu’elle parle trop comme une adulte et pas assez comme une enfant de 9 ans sans doute.

      • C’est exactement cela.
        Son besoin est **probablement** de vivre avec d’autres enfants de son niveau intellectuel.

  4. Merci pour cette illustration qui décrit bien un ressenti que je n’arrivais pas à verbaliser. Toutefois, je m’interroge, comment faire pour accompagner au mieux le petit dans ces différents situations représentées ? Par exemple, lorsque le petit décharge ce qu’il a accumulé dans la journée ? Le laisser crier ? Le laisser se rouler au sol ? Mon interrogation est réelle. Merci pour votre retour.

    • Bonjour Catherine.

      Je pense que la base d’un accompagnement respectueux, c’est la verbalisation et l’accueil des émotions : “Je vois que ça a l’air difficile pour toi, tu as accumulé beaucoup de choses. Tu as l’air débordé par tout ça.”.
      Et au besoin, proposer un câlin, de tenir la main, une main dans le dos, de rester à coté sans toucher etc. Suivant l’enfant, le besoin physique sera différent. Il est important de laisser l’enfant décharger les tensions, tout en veillant à ce qu’il ne fasse de mal à personne.

      Bien sûr, pendant ce moment, il est indispensable de se couper du reste du monde et des jugements et regards d’autrui.
      En effet, il est encore difficile pour certains adultes d’accepter qu’un petit exprime son émotion, et avoir un regards ou des parole jugeantes pendant ce moment risque d’accentuer la difficulté. On peut aussi essayer de s’éloigner avec l’enfant, c’est souvent plus facile lorsque l’on s’isole.

      Aller contre ou tenter de contenir l’explosion peut soit emmener l’enfant encore plus loin dans sa détresse (jusqu’à devenir violent), soit au contraire, le forcer à enterrer et apprendre à se couper de lui-même. À la place, accompagner l’enfant et accueillir ses émotions en verbalisant à sa place le ramène beaucoup plus rapidement danq un état de sérénité. l’enfant sera accompagné dans sa vague émotionnel et en sortira avec une plus grande conscience de lui-même. La relation avec l’adulte sera également préservée.

  5. Le lien du livre ne fonctionne pas….

    • C’est bizarre, il fonctionne chez moi.

  6. Bonjour, pour l’image du petit enfant qui touche un vase, j’ai retenu l’explication d’Isabelle Filliozat: un enfant ne comprend pas toujours la négation: “ne touche pas le vase”, devient, dans sa tête, “touche le vase”, la négation à disparu. L’enfant touche donc le vase et vous regarde afin de s’assurer qu’il a bien comprit ce qu’on lui demandait. “Laisse le vase” sera plus efficace.
    Mais merci pour tout vos super dessins qui nous aident à respecter le petit enfant.

    • Oui, en effet, merci pour cette précision.
      J’ai d’ailleurs traité le sujet de la consigne positive dans ma chronique de janvier : https://bougribouillons.fr/la-consigne-positive/

      Cependant, la consigne positive n’est pas magique et souvent, à cet âge, il y a besoin de plus d’investissement de la part de l’adulte qu’une simple consigne. C’est pour cela que j’ai choisi de mettre en avant l’importance de comprendre le besoin (fondamental) d’exploration de l’enfant et l’importance de l’accompagner pas seulement verbalement.

  7. Merci pour ce super article, ici je considère les enfants ou bébé comme de petits être humains. Il s’agit donc de les respecter et de les comprendre comme on devrait aussi le faire avec les vrais adultes. Moi aussi à la fin d une journée difficile il m arrive de relâcher violement la pression (même si je ne me roule pas par terre ). Merci encore pour l’article!

  8. Bonjour

    Très intéressant comme article, c’est vrai que mes agissements parfois tendent vers l’adultomorphisme sans le savoir. On apprend toujours.

    Passionné par la parentalité positive. Je suis entrain de créer un blog sur le sujet de la parentalité consciente.

    Vos articles sont plein de valeurs et m’inspire également.

    Cordialement
    Edward du blog Parentalité-consciente

  9. J’aime beaucoup. Ça me fait penser à la vidéo sur le rasoir d’Hanlon que nous avons fait pour la chaîne On n’en est pas mort ! https://youtu.be/FhdYhEsyiY8

    • Géniale cette vidéo ! 😀 Je partage sur ma page, merci pour la découverte 🙂

  10. Très contente d’avoir découvert votre site ! Je suis grand-mère, et ai de la peine à déchiffrer les différentes actions de mes petits-enfants… Les situations dessinées me parlent ! Cela m’aide et m’aidera par la suite à mieux répondre aux sollicitations diverses de mes petites personnes ! Merci !!

    • Avec grand plaisir 😀

  11. Très intéressant effectivement, toutefois comment adapter le bon comportement dans ce cas? Par exemple si l’enfant nous regarde en touchant un objet interdit, qu’elle attitude adopter pour lui faire comprendre que c’est interdit tout en se mettant à son niveau de compréhension?

    • On peut venir près de l’enfant, se mettre à sa hauteur, prendre doucement sa main, lui expliquer « cet objet est très fragile », lui permettre de toucher en tenant l’objet « tiens si tu veux je le tiens, tu peux le toucher doucement », et puis prévenir qu’on va bientôt ranger l’objet, puis le mettre hors de porté et de vue. Accueillir l’émotion de frustration s’il y a « Oh oui, tu avais très envie de découvrir cet objet, je comprends », et au besoin, proposer un autre objet moins fragile qu’il pourrait explorer.

      C’est important de garder en tête le besoin (fondamental) d’exploration du tout-petit, et aussi, de penser à communiquer en formulation positive (« ne touche pas à se vase » -> « laisse le vase s’il te plait »), pour aller dans le sens de fonctionnement du cerveau.
      Voilà un exemple de comportement face à une telle situation

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