Les douces violences

Ma chronique d’octobre pour Les Pros de la Petite Enfance.

Mes droits d’auteur :  comment utiliser les images du blog ?
Cette chronique est disponible en version affiche sur ma boutique

Les douces violences - chronique Bougribouillons

Les douces violences sont, je pense, une des choses les plus difficiles à remettre en question dans notre comportement envers les enfants. En effet, lorsque l’adulte agit ainsi, la plupart du temps, il ne cherche pas à nuire et n’en a même pas conscience. C’est ponctuel et spontané.

Parfois, c’est juste une habitude, comme parler de l’enfant en sa présence sans l’inclure à la conversation. D’autres fois, c’est un manque de conscience de notre geste, comme essuyer le nez de l’enfant sans le prévenir. Il y a aussi ces comportements, pleins de bonnes intentions, comme donner des surnoms à l’enfant sans jamais l’appeler par son prénom. Parfois, c’est pour une question de praticité, comme coincer le bavoir sous l’assiette, ou encore, une impatience ponctuelle, comme râler parce que son bébé vient de faire caca dans la couche qu’on vient de le changer.

Ce n’est pas vraiment l’acte en lui-même le problème, mais sa répétition, qu’on ne remarque pas forcément. Pour nous rendre compte de notre comportement, il suffit simplement de se demander :
“Comment le vivrais-je si quelqu’un me faisait/disait la même chose ?”.

L’important, je pense, est de demander l’avis de l’enfant. S’il est ok pour avoir le bavoir sous l’assiette ou qu’on l’appelle “mon lapin” de temps en temps, alors il n’y a pas de problème. Les douces violences n’existent plus dès lors que la dominance de l’adulte disparaît, et que l’enfant est respecté.

Références et ressources :

12 commentaires sur “Les douces violences

  1. merci belle prise de conscience pour ces paroles trop banales dont la porté est pour l’enfant beaucoup plus délétaire qu’on ne le pense!

  2. Bonjour,

    OK mais alors si ton enfant refuse de manger ses haricots, comment est-ce que tu t’y prends ? On peut faire par l’exemple en en mangeant soi-même mais c’est important d’avoir une alimentation équilibrée et s’il refuse toujours ?
    Pareil pour l’isolement ou punir. Il faut toujours expliquer pourquoi mais l’isolement pour que l’enfant se calme, ça me parait pas traumatisant.

    Ouvert à la discussion !

    A+

    • tout à fait d’accord, j’admet qu’il faut faire attention à ce qu’on peut dire et ne pas faire de chantage, mais finir son assiette, en considérant qu’on l’a remplie correctement, ca me semble normal pour un enfant en pleine croissance. la plupart du temps ça va surtout être parce qu’il n’apprécie pas trop plutôt que rassasié

      • Et ça veut dire quoi « correctement » ? Pour moi, c’est très subjectif. Enfant ou adulte, nous n’avons pas forcément le même appétit à chaque repas, parfois pas du tout, parfois un gros appétit. De plus, certains aliments nous feront envie, quand d’autre fois non, et c’est ok pour nous, alors pourquoi pas pour les enfants ?
        Demander de finir son assiette à un enfant, c’est aller contre le message de son corps et le couper de cette écoute. Nous sommes beaucoup, adultes, à manger bien plus que nécessaire, incapable de reconnaître la (vrai) sensation de satiété ni même de ressentir le besoin de tel ou tel aliment suivant le moment. Et quel dommage !

        • Tout à fait d’accord. Et je rajouterai que sinon insisté trop, ça peut devenir un rapport de force entre l’adulte et l’enfant. L’enfant qui va être en période d’opposition, va continuer à refuser de manger, tout simplement pour imposer son opinion

  3. bonsoir,
    Prise de conscience sur l’impact des mots sur les enfants ! Une simple parole peut avoir beaucoup d’impact sur l’enfant ! A méditer !

  4. […] « Douces violences »… A priori, cette expression associe deux mots parfaitement contradictoires. Pourtant, derrière cet étrange oxymore se cache une réalité courante et regrettable dont la plupart des parents se rendent coupables. De quoi s’agit-il exactement ? Réponse avec les dessins clairs et précieux de Bougribouillons. […]

  5. Totalement d accord avec le commentaire d Olivier…
    Vous decriez des méthodes “ancestrales” et pourtant notre jeunesse actuelle me parait manquer d education/savoir-vivre, résultat à mon sens de cette remise en question des méthodes.
    Sur quoi basez vous vos conseils? Un retour d experience, une étude?
    Comparer un comportement qu on aurait vis a vis d un adulte au comportement que l on a avec l enfant ca n a aucun sens:jms je ne me permettrais de dire à un adulte “stop tu as assez regardé la tv aujourd’hui” je dois faire pareil avec mon enfant.
    Vos conseils sont destinés à des gens “intelligents” qui savent faire la part des choses, à celui qui aurait décidé d acheter un livre autour de ce sujet pour prendre du recul. Mais ici il s agit d un article ouvert à tous, des conseils poison à mon sens.
    Dsl pr cette critique très negatives ms je ne vois ici que des principes qui ne tiennent pas vraiment compte de ce dont on parle réellement: un enfant.

    • Je ne décrie pas les méthodes « ancestrales » mais bien les méthodes traditionnelles encore largement utilisées et emplies de Violences Éducatives Ordinaires. La jeunesse actuelle que vous décrivez à pour la plupart été élevée avec les VEO et les « douces violences ». L’éducation consciente/positive/créative/bienveillante est récente et encore marginale, bien qu’elle s’inscrive petit à petit dans une conscience collective qui s’éveille. Et pour en voir beaucoup autour de moi, je vous assure que les enfants issus de cette éducation sont loin de manquer de savoir vivre, bien au contraire.

      Concernant mes sources, j’en donne énormément, à chaque article/affiche que je réalise. Je ne me base pas sur un vécu personnel (bien que je constate les bienfaits dans mon quotidien chaque jour) mais bel et bien sur les recherches et écrits de nombreux.ses professionnel.le.s. Je vous invite à parcourir un peu ce blog et surtout les liens et suggestions de livres qui s’y trouvent.

      Mes conseils ne sont pas destinés à des gens intelligents comme vous le dite. Les intelligences sont multiples et tellement subjectives… Mes conseils sont en revanche destinés aux personnes qui sont prêtes à les entendre, et ceci vaut pour tous les milieux sociaux. La remise en question de notre éducation est un chemin personnel et volontaire, que ni moi, ni mes affiches, ni mes sources ne pourraient venir forcer. Ces supports accompagnent ou/ou questionnent.

      Je perçois dans votre message comme une confusion entre éducation laxiste et permissive, et éducation consciente. Seules mes lectures et mes recherches m’ont permis de faire la différence. Je vous invite donc à aller plus loin que la lecture de mes affiches.

      Concernant la fin de votre message, cela me rappelle le principe de la dominance adulte, mise en avant, entre autre, dans le livre de Yves Bonnardel, « La domination adulte : L’oppression des mineurs » que je vous invite vivement à découvrir.

      Très belle journée à vous.

  6. Coucou !

    J’ai atterri ici grâce au site positivr. J’aime beaucoup votre site. Bon boulot :).
    Si je laisse un commentaire c’est que pour ce post, je ne suis pas d’accord avec vous (c’est rare).
    Le mot “violences” indique quand même un jugement assez agressif. Le fait de forcer à manger et la punition au coin (j’avoue que je l’ai fait) ne sont pas pour moi négatif. D’après vous, je suis un violent et cela est assez vexant à vrai dire. Je pense que je suis un bon père et que ces punitions sont plus valorisants que les baffes.
    Mes enfants ont grandi et ils n’ont plus besoin de ces “violences”. Ils ont totalement oublié ces épisodes. Maintenant elles mangent presque tout. Les punitions que je leur donne c’est la privation de leurs téléphones portables (j’espère que vous ne les catégorisez pas aussi comme “violences douces”).
    Bonne journée !

    • Toute punition est une violence. Et il existe tellement d’alternatives. Concernant votre état de bon ou mauvais père, je ne porte aucun jugement, chaque parent fait de son mieux avec les outils et les bagages qu’il a. Je m’efforce simplement de donner des informations, des liens, des ressources et des outils à travers mon travail.

  7. […] La dessinatrice Bougribouillons, Virginie Maillard, a expliqué sur son site  : […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.